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Gaël Dufrène, R. Trevithick 1808 "Catch me who can", 2014

R. Trevithick 1808. « Catch me who can » ♣

Gaël Dufrène

R. Trevithick 1808. « Catch me who can » ♣

Crayon sur papier, 21x29,7cm
2014. © Photo P. Bouvier
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Été 1808. Pour la première fois un train roule sur des rails et nous en sommes témoins ! Gaël Dufrène a réalisé ici le dessin de ce qui fut la première locomotive de l’Histoire. Celle que l’on surnomme « Catch me who can », – « Attrape moi qui peut » – , fut initialement mise au point pour l’exploitation minière par l’ingénieur anglais qui lui a donné son nom. C’est ce même modèle qui fut adapté pour le transport de passagers sur une ligne circulaire et avec titre de transport payant. Dans cette vue de trois quart, l’artiste détaille précisément les pièces qui composent la révolutionnaire machine à quatre roues, présentée devant la haute palissade de bois qu’a fait construire son inventeur. Dans un cartouche, à droite du dessin une légende précise « Machine munie d’un réchauffeur au-dessus de la chaudière». Longueur 3,5 mètres. Masse, environ 4 tonnes. Vitesse, 9 km heure. Une performance pour l’époque ! Et Gaël Dufrène de préciser en lettres bâton. « Aucun plan exact n’est arrivé jusqu’à nous ».

Le dessinateur conserve et transmet la mémoire de l’Histoire ferroviaire, fasciné par les trains depuis son plus jeune âge. Les locomotives, et plus généralement les moteurs, sont des prouesses techniques qui le subjuguent. Gaël Dufrène rend hommage à l’esprit brillant de Richard Trevithick dont l’invention – concevoir un outil qui améliore la vie – incarne pour l’artiste l’idée même de progrès. Une aspiration humaniste qu’il salue. Méticuleusement, sans trahir le concepteur, il réalise une œuvre si précise qu’elle en devient poétique par son trait presque naïf. En 2018, plusieurs de ses dessins ont été acquis par la Collection de l’Art Brut de Lausanne. Il est soutenu par l’association EgArt qui l’a révélé.

Les œuvres de Gaël Dufrène

La mécanique de l’art

L'artiste met au point un processus de fabrication précis dont l'œuvre va garder la trace. Celle de la main qui fait et celle du mode opératoire.

Gaël Dufrène part d'un premier modèle qu'il dessine, l'agrandit souvent. Il assemble parfois plusieurs vues qu'il retravaille en couleur. La légende fait partie intégrante du dessin. Anna Zemánková découpe papiers et tissus, parfois ciselés en relief, et crée d’étranges et complexes structures végétales. ACM crée une œuvre en expansion à partir d'éléments de métal récupérés, oxydés et assemblés. Les modules dessinés par Simon Le Fur sont répartis sur la feuille comme des sculptures dans un espace d'exposition avec certaines réminiscences du geste du graffeur qu'il fut, au début de sa pratique. Jill Gallieni dessine à l'encre des formes imbriquées qui prolifèrent comme des bulles de paroles incantatoires. Les variations de couleurs structurent l'espace. Wytze Hingst compose des séries de dates, heures et codes, parfois combinées à des lettres. La surimpression de plages de couleur produit des mouvements visuels à haut pouvoir poétique. Chez Hélène Fontana, le motif du visage humain est multiplié à l'infini, tout comme celui des objets, lunettes, chaussures, chapeaux... Une façon de signifier en creux l'absence et la disparition. Mécanicien, Ezékiel Messou, trace à même les murs, puis sur des cahiers d'écolier, le schéma des machines à coudre qu'il doit réparer, comme une collection dessinée. Béatrice Dromas a choisi la technique du collage, comme avec la série des Cœurs - râpé, pressé, épinglé - pour rendre compte de la violence des émotions, ou la série Dissociation, par une approche fractionnée du réel.

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