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La liste ♣

Hélène Fontana

La liste ♣

Impression d’encre colorée, 70x50cm
2019. © Photo DR/EgArt
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Liste de ceux qu’on veut sauver ou condamner ? Liste à mémoriser ou à faire disparaitre ?

Une série de lignes horizontales et irrégulières est imprimée sur fond clair. Par endroits épaisses et proches les unes des autres, les lignes créent des sections sombres. Tandis que par ailleurs, comme effacées par l’usure, elles laissent transparaître la lumière du support. Toutes ces stries répétitives, plus ou moins marquées, donnent une impression de mouvement latéral. Celle de l’écriture, de gauche à droite. Certaines lignes, en s’estompant au fil du mouvement, se terminent en tâche rougeâtre. Comme si l’encre se transformait en hémoglobine séchée. Ces ruptures graphiques et chromatiques apportent une dynamique particulière à l’œuvre. Dans sa répétition méthodique et ses variations d’intensité, la composition évoque un processus d’impression ou d’écriture.

L’œuvre joue ainsi avec l’idée d’un inventaire graphique, où chaque ligne pourrait représenter un élément à la fois distinct et presque identiques aux autres. S’il s’agit d’une liste, cette liste est incomplète, fragmentée, indéchiffrable, anonymisée. Peut-être même en cours d’effacement. Et si sa trame, son empreinte, porte une mémoire, son illisibilité renforce l’idée d’un oubli inéluctable.Hélène Fontana évoque à travers l’accumulation le thème de la disparition. Sous forme d’installations ou de dessins, ses monticules d’objets abandonnés ou de motifs répétés, sont, amalgamés, uniformisés malgré leurs différences. Le sous-texte historique, relatif aux violences de masses et traumatismes collectifs, est alors plus ou moins explicite. Le Fonds Art Sans Exclusion a notamment acquis en 2023 une accumulation dessinée de valises, et une autre de parapluies.

Les œuvres de Hélène Fontana

La mécanique de l’art

L'artiste met au point un processus de fabrication précis dont l'œuvre va garder la trace. Celle de la main qui fait et celle du mode opératoire.

Gaël Dufrène part d'un premier modèle qu'il dessine, l'agrandit souvent. Il assemble parfois plusieurs vues qu'il retravaille en couleur. La légende fait partie intégrante du dessin. Anna Zemánková découpe papiers et tissus, parfois ciselés en relief, et crée d’étranges et complexes structures végétales. ACM crée une œuvre en expansion à partir d'éléments de métal récupérés, oxydés et assemblés. Les modules dessinés par Simon Le Fur sont répartis sur la feuille comme des sculptures dans un espace d'exposition avec certaines réminiscences du geste du graffeur qu'il fut, au début de sa pratique. Jill Gallieni dessine à l'encre des formes imbriquées qui prolifèrent comme des bulles de paroles incantatoires. Les variations de couleurs structurent l'espace. Wytze Hingst compose des séries de dates, heures et codes, parfois combinées à des lettres. La surimpression de plages de couleur produit des mouvements visuels à haut pouvoir poétique. Chez Hélène Fontana, le motif du visage humain est multiplié à l'infini, tout comme celui des objets, lunettes, chaussures, chapeaux... Une façon de signifier en creux l'absence et la disparition. Mécanicien, Ezékiel Messou, trace à même les murs, puis sur des cahiers d'écolier, le schéma des machines à coudre qu'il doit réparer, comme une collection dessinée. Béatrice Dromas a choisi la technique du collage, comme avec la série des Cœurs - râpé, pressé, épinglé - pour rendre compte de la violence des émotions, ou la série Dissociation, par une approche fractionnée du réel.

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Se promener dans la salle d’exposition comme dans un vrai musée, découvrir peintures, dessins et sculptures en 3D et écouter le conférencier présenter les cinq thèmes de la collection. Voilà ce que la galerie Art Sans Exclusion vous invite à vivre.

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