« Pas de vacances pour le Galoup ! Ça Bosphore & Dardanelles ! ». C’est avec ce titre humoristique que débute ce 68ème numéro des « Dernières nouvelles du Galoup ». Le Galoup, c’est lui, ce dessinateur passionné de mécanique qui publie régulièrement à l’attention de ses proches depuis le 2 février 2016 ce bulletin « auto-thérapeutique », comme il le définit avec malice.
En haut de la première page, un cartouche indique la date, le prix et la périodicité du bulletin d’information manuscrit. Puis, d’une écriture appliquée, sur les lignes quadrillées de la page, un long argumentaire explique et justifie le choix de la locomotive à vapeur dessinée en page 3, la locomotive 241 P1. Histoire, échelle et caractéristiques techniques. En page 2, sont décrites les conditions environnementales de la réalisation du dessin. Un encadré est consacré à la météo, un paragraphe s’intéresse à l’environnement sonore, tandis que le récit de la visite du dépôt SNCF de Nantes-Blottereau finit de poser le décor. En page 3, trône donc la locomotive 241 P1. Le dessin d’une grande minutie, donne l’impression d’entrer à l’intérieur de la machine. Elle étincèle de mille détails. Soupape, sifflet, graisseur. Pompes à huile, à eau chaude, à eau froide. Chaque élément technique, indiqué par une flèche tracée à la règle, est précisément légendé. Deux cartouches apportent encore d’autres précisions.
Dans ses bulletins manuscrits, Gaël Dufrène, explique son processus créatif, depuis la recherche de plans et de photos, jusqu’à la réalisation du dessin.
Un luxe de détails et d’anecdotes, agrémenté de nombreuses touches d’humour, révèle son plaisir immense à construire cet inventaire ferroviaire. Avec un grand souci pédagogique, son dessin rigoureux, trouve ses sources dans le dessin technique. L’anatomie de la locomotive, parfois délestée de ses parois, est présentée comme celle d’un écorché en anatomie, ce qu’il désigne comme « une vue en crevé ». Gaël Dufrène dévoile alors le cœur battant de la machine et y insuffle sa singularité. Ses dessins mécanico-poétiques sont conservés dans la collection Treger-Saint Silvestre au Portugal et dans La Collection de l’Art Brut de Lausanne en Suisse. Ils ont été exposés à la galerie Hervé Courtaigne et à la galerie La Fabuloserie à Paris. Le Fonds de dotation Art Sans Exclusion a fait l’acquisition d’un nombre important de dessins entre 2017 et 2025. Le dessinateur a accepté de donner au Fonds Art Sans Exclusion cet exemplaire original de son journal.
Moteur Panhard sans soupape ♣
Dernières Nouvelles du Galoup n°68-1 ♣
Dernières Nouvelles du Galoup n°68-3
Dernières Nouvelles du Galoup n°68-2
Les premiers camions début du XXe siècle ♣
R. Trevithick 1808. « Catch me who can » ♣
Locomotive 29bis 231H ♣
Bicyclette. État 1858 ♣
Compresseur ou moteur à piston
Moteur Wright
Boite de vitesse Fiat Panda
Moteur BMW
Moteur 1,25 litre à injection mécanique de méthanol
Moto et chantier
L'artiste met au point un processus de fabrication précis dont l'œuvre va garder la trace. Celle de la main qui fait et celle du mode opératoire.
Gaël Dufrène part d'un premier modèle qu'il dessine, l'agrandit souvent. Il assemble parfois plusieurs vues qu'il retravaille en couleur. La légende fait partie intégrante du dessin. Anna Zemánková découpe papiers et tissus, parfois ciselés en relief, et crée d’étranges et complexes structures végétales. ACM crée une œuvre en expansion à partir d'éléments de métal récupérés, oxydés et assemblés. Les modules dessinés par Simon Le Fur sont répartis sur la feuille comme des sculptures dans un espace d'exposition avec certaines réminiscences du geste du graffeur qu'il fut, au début de sa pratique. Jill Gallieni dessine à l'encre des formes imbriquées qui prolifèrent comme des bulles de paroles incantatoires. Les variations de couleurs structurent l'espace. Wytze Hingst compose des séries de dates, heures et codes, parfois combinées à des lettres. La surimpression de plages de couleur produit des mouvements visuels à haut pouvoir poétique. Chez Hélène Fontana, le motif du visage humain est multiplié à l'infini, tout comme celui des objets, lunettes, chaussures, chapeaux... Une façon de signifier en creux l'absence et la disparition. Mécanicien, Ezékiel Messou, trace à même les murs, puis sur des cahiers d'écolier, le schéma des machines à coudre qu'il doit réparer, comme une collection dessinée. Béatrice Dromas a choisi la technique du collage, comme avec la série des Cœurs - râpé, pressé, épinglé - pour rendre compte de la violence des émotions, ou la série Dissociation, par une approche fractionnée du réel.
Se promener dans la salle d’exposition comme dans un vrai musée, découvrir peintures, dessins et sculptures en 3D et écouter le conférencier présenter les cinq thèmes de la collection. Voilà ce que la galerie Art Sans Exclusion vous invite à vivre.