Une foule en prière, installée sur un vaste parterre en damier, s’étage jusqu’au tiers de la surface de la toile. Tous les regards convergent vers la tribune où siège Amma, grande figure spirituelle indienne. Elle est installée sous un dais d’apparat. La scène est vue en plongée, légèrement en oblique. Telle que le peintre qui a assisté à la scène s’en souvient. La partie haute de la toile, est travaillée en centaine de points à fond d’or et d’argent, comme dans les icônes religieuses. Sur ce fond hypnotique, des silhouettes spectrales lévitent, vision spirituelle inversée de l’événement peint par ailleurs d’une façon naturaliste. Surplombant le décor, au centre de la scène, une autre figure spectrale semble distribuer l’énergie aux quatre coins de la foule en prière. Comme un canal de lumière dont les flèches translucides matérialisent un partage d’énergie universelle.
Le peintre donne à voir l’épisode autobiographique, fondateur dans sa vie, de sa rencontre avec Amma, lors d’une de ses nombreuses visites en France.
Le Darshan, titre de l’œuvre, matérialise dans l’hindouisme la rencontre entre un orant et un maître spirituel. Ce contact visuel, et aussi physique dans le cas d’Amma qui étreint ses fidèles, permet de recevoir la bénédiction. La rencontre est spirituelle, affective, sensorielle. Amma est une figure très importante de la vie et de l’œuvre de Jérôme Turpin qui se met en scène aussi à ses côtés comme dans deux autres œuvres conservées dans la Collection, Je suis en pleurs dans les bras de Amma et Amma vient en aide à l’Humanité tout entière. Cette figure maternelle vient combler par ses étreintes apaisantes les maux de l’âme et du coeur que le peintre décrit longuement dans une autre œuvre de la collection, Écartelé entre la problématique du haut et celle du bas. Les oeuvres de Jérôme Turpin ont notamment été exposées au Japon, dans le cadre d’une exposition collective EgArt à l’Art Zone Gallery à Kyoto au Japon en 2018.
L'artiste projette sur la toile, la feuille blanche ou des supports de fortune sa perception du réel. L'œuvre devient une fenêtre ouverte sur son monde intérieur.
Madge Gill dessine inlassablement, et brode aussi sur des étoffes, parfois de plus de huit mètres de long, la figure d'une femme au chapeau, peut- être son alter ego. Claire Lancien cherche à restituer l'intériorité des êtres qui l'émeuvent. Son travail en noir et blanc, à la mine de plomb, fait surgir un monde inversé, comme un tirage en négatif. Leila Delasalle puise son inspiration autant dans les visages croisés par hasard que dans les formes expressives des pierres qu'elle glane près de l'estuaire de la Seine. Jérôme Turpin met en mots et en images les épisodes douloureux ou extraordinaires de sa vie et sa quête d'un amour parfait. Sybil Gibson peint des visages, des fleurs et des animaux de façon instinctive avec délicatesse, comme des apparitions. Édouard Cohen grave sur bois ou brosse sur la toile un monde du silence issu de ses visions nocturnes. Sébastien Proust peint des rencontres de hasard ou des amis. Il se représente lui-même parfois : Homme-serrure, Bipolaire, Petite lunaire...Il crée une galerie de personnages, entre portraits réels et portraits psychologiques.
Se promener dans la salle d’exposition comme dans un vrai musée, découvrir peintures, dessins et sculptures en 3D et écouter le conférencier présenter les cinq thèmes de la collection. Voilà ce que la galerie Art Sans Exclusion vous invite à vivre.