« Je possède une vision spatiale qui me permet découper une locomotive entière… », dit Gaël Dufrène. Sur ce dessin, il représente une locomotive SNCF, de 1932. Il la dessine d’un trait fin et minutieux proche du dessin technique. Vue de trois quart, elle se dirige vers le spectateur, lancée sur ses rails suivant un tracé légèrement oblique. Une profusion de détails rendus avec la précision d’un enlumineur, compose la machine. C’est un dédale de tubes dans lesquels on imagine aisément le parcours de la vapeur et un enchevêtrement de tiges et de bielles de métal. Une colonne de fumée s’échappe d’une cheminée dont l’effet duveteux de la fumée est rendu par une estompe des volutes, au doigt. Six roues sont visibles. La locomotive roule sur une voie avec des traverses en bois dont la texture des rainures est rendue par les coups de crayon. Les rails sont posées sur un lit de cailloux, ça et là quelques brins d’herbe, poussent. En bas à droite, un cartouche encadre les caractéristiques techniques du modèle : dimensions, masse, puissance, vitesse… L’artiste se permet d’ajouter une note personnelle : « On n’aime pas faire une loco à vapeur sous caténaire : ça les encrasse de suie ».
Gaël Dufrène est fasciné par les trains depuis l’âge de six ans. Il s’émerveille du chemin de fer près duquel il habite. . Il s’amuse à être un train dans la cour de récréation. Les locomotives, et plus généralement les moteurs, sont des prouesses techniques qui le subjuguent, résultat de l’ingéniosité de l’esprit humain et symbole du progrès. Selon lui, l’espoir de tout inventeur est de concevoir un outil qui améliore la vie. C’est à cette volonté optimiste et à cette capacité d’innovation qu’il veut rendre hommage. Chez lui, il s’immerge dans un univers ferroviaire visuel et sonore, laissant tourner en permanence des films sur les trains du monde entier, et aussi une playlist de sons de moteurs qu’il a lui-même compilés.
Moteur Panhard sans soupape ♣
Dernières Nouvelles du Galoup n°68-1 ♣
Dernières Nouvelles du Galoup n°68-3
Dernières Nouvelles du Galoup n°68-2
Les premiers camions début du XXe siècle ♣
R. Trevithick 1808. « Catch me who can » ♣
Locomotive 29bis 231H ♣
Bicyclette. État 1858 ♣
Compresseur ou moteur à piston
Moteur Wright
Boite de vitesse Fiat Panda
Moteur BMW
Moteur 1,25 litre à injection mécanique de méthanol
Moto et chantier
L'artiste met au point un processus de fabrication précis dont l'œuvre va garder la trace. Celle de la main qui fait et celle du mode opératoire.
Gaël Dufrène part d'un premier modèle qu'il dessine, l'agrandit souvent. Il assemble parfois plusieurs vues qu'il retravaille en couleur. La légende fait partie intégrante du dessin. Anna Zemánková découpe papiers et tissus, parfois ciselés en relief, et crée d’étranges et complexes structures végétales. ACM crée une œuvre en expansion à partir d'éléments de métal récupérés, oxydés et assemblés. Les modules dessinés par Simon Le Fur sont répartis sur la feuille comme des sculptures dans un espace d'exposition avec certaines réminiscences du geste du graffeur qu'il fut, au début de sa pratique. Jill Gallieni dessine à l'encre des formes imbriquées qui prolifèrent comme des bulles de paroles incantatoires. Les variations de couleurs structurent l'espace. Wytze Hingst compose des séries de dates, heures et codes, parfois combinées à des lettres. La surimpression de plages de couleur produit des mouvements visuels à haut pouvoir poétique. Chez Hélène Fontana, le motif du visage humain est multiplié à l'infini, tout comme celui des objets, lunettes, chaussures, chapeaux... Une façon de signifier en creux l'absence et la disparition. Mécanicien, Ezékiel Messou, trace à même les murs, puis sur des cahiers d'écolier, le schéma des machines à coudre qu'il doit réparer, comme une collection dessinée. Béatrice Dromas a choisi la technique du collage, comme avec la série des Cœurs - râpé, pressé, épinglé - pour rendre compte de la violence des émotions, ou la série Dissociation, par une approche fractionnée du réel.
Se promener dans la salle d’exposition comme dans un vrai musée, découvrir peintures, dessins et sculptures en 3D et écouter le conférencier présenter les cinq thèmes de la collection. Voilà ce que la galerie Art Sans Exclusion vous invite à vivre.