Un ciel éclatant se confond avec la mer. Des bandes juxtaposées, rouge, noir, grise, sombrent dans les flots. S’agit-il d’un drapeau ou d’un morceau de bateau ? François Peeters, artiste fasciné par le Titanic déploie en une vingtaine d’œuvres séquences, l’épopée dramatique du mythique paquebot. Des coups de pinceaux nerveux et un tourbillon mousseux marquent l’agitation de la mer. Pourtant, comme lorsqu’il réalise un gros plan sur la proue dans une autre œuvre de la collection, la composition de cette séquence est presque abstraite.
Elle rappelle les compositions des peintres Piet Mondrian ou Nicolas de Staël. C’est un carré composé de bandes contrastées sur fond bleu comme la mer elle-même. Sans signe scriptural, sans date ni titre ou signature, l’abstraction est renforcée. Pourtant, s’il est difficilement identifiable, ce carré peint n’est pas qu’une forme géométrique. Il est une des séquences du scénario que François Peeters a réalisé, suite au visionnage du film de James Cameron. S’il peint parfois le Titanic en entier, il n’hésite pas à zoomer. Il n’en reste ici qu’un élément. Un morceau rayé de coque ou de cheminée. Comme en poésie, le peintre peut user de métonymie, en remplaçant un élément par un autre. En évoquant le plus grand par le plus petit. Comme ici un équivalent d’une synecdoque en littérature, car le tout est évoqué par une de ses parties. La proue ou la pointe d’une cheminée hors de l’eau suffit à suggérer l’immense paquebot englouti. François Peeters a été révélé par EgArt.
L'artiste s'inspire de l'actualité. Il se transforme en témoin de son temps et en conteur.
Gaston Chaissac évoque le lancement à grande échelle en France, en 1949, de la vaccination par le BCG, contre la tuberculose, imbriqué avec sa propre histoire. Christophe Baudouin dresse l'inventaire des éruptions volcaniques du Globe. Ses dessins assemblés peuvent former des suites de plusieurs mètres de long. Joseph Vignes se fait le chantre d'une modernité heureuse et colorée, où voitures, paquebots... ou gazinières, se mêlent à la faune et à la flore. Marc-François Bresson héroïse les événements médiatiques ou ceux de son quotidien, matchs de football, concerts de rock ou retrouvailles au café avec des amis. François Peeters, dans sa série Titanic, peint le naufrage en 1912 du célèbre paquebot. Il utilise la technique de la séquence pour transcrire le souvenir très fort qu'il a gardé du film épique américain produit dans les années 1990. André Robillard peint la conquête spatiale sur toile ou sur sculptures d'assemblage. Il s'entoure d'oiseaux, lorsqu'il monte sur scène pour raconter son histoire en musique, acteur de sa propre légende.
Se promener dans la salle d’exposition comme dans un vrai musée, découvrir peintures, dessins et sculptures en 3D et écouter le conférencier présenter les cinq thèmes de la collection. Voilà ce que la galerie Art Sans Exclusion vous invite à vivre.